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Beauf - signification et origine
Glossaire rap

Beauf

nom

Mis à jour le

Définition

Français moyen caricatural, vulgaire, borné et chauvin. Le beauf est le Bidochon de la culture populaire : blagues lourdes, apéro saucisson, patriotisme footballistique. À l'origine abréviation de « beau-frère », le mot a pris ce sens péjoratif avec le personnage de Cabu dans les années 1970.

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Ça veut dire quoi, tu crois, "Beauf" ?

Synonymes / Variantes

franchouillard plouc ringard gros Français Bidochon

Exemples d'utilisation

Arrête de faire ton beauf avec ton maillot de foot
C'est un humour de beauf
La mentalité beauf

Origine du terme

Abréviation de 'beau-frère', attestée dès 1948. Le sens péjoratif vient du personnage du Beauf du dessinateur Cabu, apparu dans Charlie Hebdo au début des années 1970.

Définition complète de Beauf

Le beauf, c’est le Français moyen dans sa version caricaturale : celui qui regarde le foot en hurlant, qui fait des blagues sexistes ou racistes “pour rigoler”, qui passe son dimanche au barbecue avec une bière à la main, qui vote “comme tout le monde” et qui pense que “c’était mieux avant”.

Le beauf n’est pas défini par sa classe sociale mais par son attitude : une certaine vulgarité assumée, des goûts mainstream, un conformisme bon enfant mais limité, une incapacité à se remettre en question. On peut être riche et beauf, pauvre et beauf, jeune et beauf. C’est une mentalité, pas un revenu.

Origine : le personnage de Cabu

Le mot « beauf » existait déjà comme abréviation familière de « beau-frère » : on le trouve dès 1948 chez Albert Paraz. Son sens péjoratif vient du personnage créé par le dessinateur Cabu (Jean Cabut, 1938-2015) dans les années 1970.

Le Beauf de Cabu

Dans Charlie Hebdo, au début des années 1970, Cabu a créé un personnage récurrent appelé simplement “le Beauf” — diminutif de “beau-frère”. L’expression « mon beauf » venait de François Cavanna, qui imitait les conversations de bistrot. Cabu fixe le personnage de « Mon Beauf » en 1975, puis le reprend dans Le Canard enchaîné et dans plusieurs albums. Ce personnage incarnait le Français moyen dans toute sa médiocrité :

  • Bedonnant et moustachu
  • Chauvin, souvent raciste
  • Opinions toutes faites, assénées comme des vérités
  • Porté par les lieux communs et le « bon sens »

La critique sociale

Cabu utilisait le Beauf pour critiquer la société française, son conformisme, ses petits arrangements avec la morale. Le personnage était satirique : il montrait ce que beaucoup ne voulaient pas voir en eux-mêmes.

L’entrée dans le langage courant

Le personnage a tellement marqué qu’il est passé du dessin à la langue. “Beauf” est devenu un nom commun, utilisé pour désigner n’importe qui correspondant à ce profil, bien au-delà des lecteurs de Cabu.

Le portrait-robot du beauf

Même si c’est une caricature, le beauf a des traits reconnaissables :

L’apparence (stéréotypée)

  • Maillot de l’équipe de France (ou du club local)
  • Casquette pub
  • Claquettes-chaussettes
  • Bedaine de bière
  • Bronzage marques de tee-shirt

Les goûts

  • Foot, rugby, catch
  • Barbecue et apéro
  • Bière et pastis
  • Voitures et bricolage
  • Émissions grand public (TF1, M6)

Les opinions

  • “C’était mieux avant”
  • Méfiance envers les intellectuels
  • Patriotisme simplifié
  • “On peut plus rien dire”
  • Blagues racistes/sexistes “c’est de l’humour”

Le mode de vie

  • Dimanche en famille
  • Vacances au camping
  • Décorations de Noël envahissantes
  • Barbecue hebdomadaire en été

Le beauf dans le rap

Aucun emploi précis du mot dans un morceau de rap n’a été vérifié pour cette fiche. Hors du rap, la chanson Mon beauf’ de Renaud (1981) et les sketches de Coluche ont largement popularisé la figure.

Beauf : insulte ou autodérision ?

Le terme “beauf” peut être utilisé de différentes façons :

Comme insulte

  • “T’es vraiment un beauf” = Tu es vulgaire, limité, con
  • L’insulte vise la mentalité, pas forcément la personne entière

Comme critique sociale

  • “La France beaufe” = Une certaine France conformiste et bornée
  • Critique d’un phénomène collectif

En autodérision

  • “J’assume mon côté beauf” = J’aime les trucs populaires et je l’assume
  • Façon de désamorcer le snobisme
  • “On est tous un peu beaufs” = Personne n’échappe totalement à ces tendances

De façon ironique

  • Adopter volontairement des codes beaufs de façon décalée
  • L’humour hipster qui récupère l’esthétique beauf

Le beauf vs le barakî

En Belgique, le terme proche est “barakî”. Les deux termes partagent l’idée de vulgarité populaire.

Le « nouveau beauf »

Au début des années 1990, Cabu a créé une version plus urbaine et « branchée » de son personnage : le « nouveau beauf », coiffé en catogan, avide de produits de luxe, qui travaille dans la pub, se dit écologiste tout en roulant en 4×4 et déteste le beauf « classique ».

Exemples d’utilisation

  • « Arrête de faire ton beauf avec tes blagues sexistes »
  • « Ce restaurant c’est un peu beauf mais la bouffe est bonne »
  • « L’humour beauf, ça me fatigue — c’est toujours les mêmes vannes »
  • « Il a un côté beauf assumé, il regarde Secret Story sans ironie »
  • « La soirée a viré beauf quand ils ont sorti le pastis et les chansons paillardes »

Expressions associées

  • Faire son beauf : Se comporter de façon vulgaire/conformiste
  • Humour beauf : Blagues lourdes, sexistes ou racistes
  • Culture beauf : La culture populaire mainstream
  • Mentalité beaufe : Façon de penser limitée, conformiste
  • Ambiance beaufe : Atmosphère de fête populaire/vulgaire

Le beauf aujourd’hui

La figure du beauf reste d’actualité mais évolue :

La critique plus nuancée

On reconnaît de plus en plus que mépriser le “beauf”, c’est parfois du snobisme de classe. La critique des goûts populaires peut être élitiste.

L’autodérision généralisée

Beaucoup assument leur “côté beauf” : aimer le foot, les barbecues, les vacances à la mer, ce n’est pas honteux. Le terme se désamorce.

La critique du mépris

Des sociologues comme Gérard Mauger, et l’autrice Rose Lamy, voient dans le discours « anti-beauf » une manière de stigmatiser les classes populaires.

Conclusion

Le beauf est une figure incontournable de la culture française, née sous le crayon de Cabu et passée dans le langage courant. Ce Français moyen caricatural, avec ses blagues lourdes et son conformisme assumé, sert de repoussoir ou de miroir selon les contextes.

La figure est plus complexe qu’il n’y paraît : on s’en sert pour se moquer des autres, mais aussi pour rire de soi.

Que tu utilises “beauf” comme insulte, comme autodérision ou comme critique sociale, tu participes à une longue tradition française : celle de rire de soi-même et des autres, parfois cruellement, souvent justement.

❓ Questions fréquentes

C'est quoi beauf en rap ?

Français moyen caricatural, vulgaire, borné et chauvin. Le beauf est le Bidochon de la culture populaire : blagues lourdes, apéro saucisson, patriotisme footballistique. À l'origine abréviation de « beau-frère », le mot a pris ce sens péjoratif avec le personnage de Cabu dans les années 1970.

Que veut dire beauf ?

Français moyen caricatural, vulgaire, borné et chauvin. Le beauf est le Bidochon de la culture populaire : blagues lourdes, apéro saucisson, patriotisme footballistique. À l'origine abréviation de « beau-frère », le mot a pris ce sens péjoratif avec le personnage de Cabu dans les années 1970.

D'où vient le mot beauf ?

Abréviation de 'beau-frère', attestée dès 1948. Le sens péjoratif vient du personnage du Beauf du dessinateur Cabu, apparu dans Charlie Hebdo au début des années 1970.

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