Ken
nomDéfinition
Arnaque, escroquerie. Se faire ken = se faire avoir, être victime d'une tromperie.
Synonymes / Variantes
Exemples d'utilisation
C'est un ken
Je me suis fait ken
Il nous a ken
Origine du terme
Argot marseillais, possiblement dérivé de 'quenelle' (mettre une quenelle = arnaquer) ou du romani.
Définition complète de “Ken”
Ken est un terme emblématique de l’argot marseillais désignant une arnaque, une escroquerie ou une tromperie. “Se faire ken” signifie se faire avoir, être victime d’une entourloupe. Le mot peut désigner à la fois l’acte (le ken) et la personne qui arnaque (un ken).
Ce terme illustre parfaitement la créativité linguistique de la cité phocéenne, où l’argot se réinvente en permanence. Dans les rues de Marseille, “ken” fait partie du vocabulaire quotidien, utilisé pour décrire les petites arnaques comme les grosses escroqueries.
Origine et étymologie
Hypothèses sur l’origine
L’étymologie exacte de “ken” reste débattue parmi les linguistes :
Hypothèse 1 : Dérivé de “quenelle”
- “Mettre une quenelle” = arnaquer quelqu’un
- Contraction : quenelle → ken
- L’image de “mettre” quelque chose à quelqu’un contre son gré
Hypothèse 2 : Origine romani
- Le romani (langue des Roms) a fortement influencé l’argot marseillais
- Possible racine dans le vocabulaire des communautés gitanes du sud
- Transmission via les marchés et les échanges commerciaux
Hypothèse 3 : Création locale
- Simple invention de l’argot des quartiers
- Son court et percutant, facile à utiliser
- Adoption rapide grâce à l’efficacité du mot
Ancrage marseillais
Le terme est profondément marseillais :
- Peu utilisé hors de la région PACA
- Fort marqueur identitaire local
- Transmis de génération en génération
- Popularisé nationalement par le rap marseillais
Les différentes formes du ken
Le ken comme arnaque
L’arnaque elle-même :
“C’est un ken ce plan, fais gaffe.”
Caractéristiques du ken :
- Tromperie volontaire
- Victime qui ne voit rien venir
- Gain pour l’arnaqueur
- Perte pour la victime
Se faire ken
Être victime de l’arnaque :
“Je me suis fait ken sur cette voiture d’occasion.”
Situations typiques :
- Achats douteux
- Faux plans
- Promesses non tenues
- Trahisons
Ken comme verbe
Conjugaison argotique :
“Il nous a ken de ouf.”
- Ken / kener
- J’ai ken, tu as ken, il a ken
- On s’est fait ken
- Il va nous ken
Le ken comme personne
Celui qui arnaque :
“Fais pas confiance à ce mec, c’est un ken.”
Désigne :
- L’arnaqueur professionnel
- Le faux ami
- Le menteur chronique
- L’escroc des quartiers
Ken dans le rap marseillais
Omniprésence dans les textes
Le rap marseillais a fait de “ken” un classique :
“Dans la rue y’a des kens partout, ouvre les yeux frérot.”
Les rappeurs utilisent le terme pour :
- Décrire la réalité des quartiers
- Mettre en garde leurs auditeurs
- Raconter des histoires de rue
- Critiquer les faux
Jul et le ken
Jul, figure majeure du rap marseillais, utilise régulièrement le terme :
- Dans ses morceaux sur la vie quotidienne
- Pour décrire les galères
- Dans les [punchlines](/) sur les faux amis
SCH et l’arnaque
SCH, autre pilier du rap phocéen, évoque les kens :
- Vision plus sombre, plus street
- Liens avec le monde de la nuit
- Réflexions sur la confiance trahie
Naps et les histoires de ken
Naps raconte les kens des quartiers :
- Avec humour parfois
- Avec réalisme toujours
- Histoires de deals ratés, de faux plans
Les différents types de ken
Le petit ken
L’arnaque du quotidien :
- Se faire surcharger au marché
- Acheter un produit défectueux
- Se faire avoir sur un prix
“C’est un petit ken, ça va, j’ai perdu 20 euros.”
Le gros ken
L’escroquerie majeure :
- Arnaque immobilière
- Investissement frauduleux
- Trahison d’un proche
“Il lui a fait un gros ken, 50 000 euros envolés.”
Le ken affectif
La trahison sentimentale :
- Être trompé par un partenaire
- Faux amis qui trahissent
- Manipulation émotionnelle
“Elle l’a ken pendant des années, il savait rien.”
Le ken du système
L’arnaque institutionnelle :
- Promesses politiques non tenues
- Arnaques administratives
- Système perçu comme trompeur
“L’État nous ken depuis toujours.”
Expressions avec “ken"
"C’est le ken”
Situation d’arnaque évidente :
“Ce contrat ? C’est le ken total."
"Ken-ken”
Redoublement pour intensifier :
“Ce mec c’est ken-ken, fais gaffe à tout ce qu’il dit."
"Se ken”
Se tromper soi-même :
“J’ai cru en lui, je me suis ken tout seul."
"Ken à mort”
Arnaque totale :
“Il s’est fait ken à mort sur ce plan."
"Éviter le ken”
Être méfiant :
“Faut toujours éviter le ken, check tout avant.”
Philosophie du ken à Marseille
Culture de la méfiance
À Marseille, la conscience du ken est culturelle :
- On grandit avec la notion
- La méfiance est une vertu
- “Fais confiance mais vérifie”
- La naïveté est mal vue
Codes de la rue
Le ken fait partie des codes :
- Ne pas être un ken (ne pas arnaquer les siens)
- Ne pas se faire ken (rester vigilant)
- Dénoncer les kens (protéger la communauté)
- Respecter certaines limites
Hiérarchie morale
Tous les kens ne se valent pas :
- Ken les riches/le système : toléré, parfois valorisé
- Ken les siens/les faibles : méprisé
- Ken les arnaqueurs : justice
Ken vs autres arnaques
Différence avec “carotte”
| Ken | Carotte |
|---|---|
| Marseillais | National |
| Plus dur | Plus léger |
| Arnaque sérieuse | Petite entourloupe |
| Conséquences lourdes | Conséquences légères |
Différence avec “embrouille”
- Ken : Focus sur l’arnaque financière/matérielle
- Embrouille : Plus large, inclut les conflits
Différence avec “entourloupe”
- Ken : Argot de rue, direct
- Entourloupe : Registre plus classique, moins street
Impact culturel
Au-delà de Marseille
Grâce au rap, “ken” s’exporte :
- Compris dans tout le sud
- Adopté par les fans de rap marseillais
- Entre dans le vocabulaire national (lentement)
Dans les médias
Le terme apparaît dans :
- Les films sur Marseille
- Les séries (Plus belle la vie, etc.)
- Les documentaires sur la ville
- Les interviews de rappeurs
Marqueur d’authenticité
Utiliser “ken” correctement :
- Montre une connaissance de Marseille
- Crédibilité dans le milieu
- Appartenance culturelle
Comment éviter de se faire ken
Les règles de base
Conseils marseillais pour survivre :
- Vérifier avant : Ne jamais foncer tête baissée
- Demander autour : Les infos circulent
- Faire confiance à l’instinct : Si ça sent le ken…
- Connaître son monde : Savoir à qui on a affaire
- Pas de naïveté : Tout le monde peut ken
Signes d’alerte
Reconnaître un potentiel ken :
- Offre trop belle pour être vraie
- Pression pour décider vite
- Manque de transparence
- Personne inconnue/pas recommandée
Dans le langage des jeunes
Adoption générationnelle
Les jeunes Marseillais utilisent “ken” naturellement :
- Dès l’école
- Dans les cours de récré
- Sur les réseaux sociaux
- Dans les conversations quotidiennes
Variations modernes
Adaptations actuelles :
- “Kenage” : l’action de ken
- “Keneur” : celui qui ken
- Utilisé dans les memes locaux
Conclusion
“Ken” est bien plus qu’un simple mot d’argot marseillais : c’est un concentré de culture phocéenne. En trois lettres, il exprime la méfiance nécessaire pour survivre dans un monde où les arnaques guettent, la sagesse de rue qui s’acquiert avec l’expérience, et l’humour noir qui caractérise Marseille.
Le rap marseillais a porté ce terme au-delà des limites de la ville. Jul, SCH, Naps et tant d’autres ont intégré “ken” dans le vocabulaire national, permettant à chacun de comprendre cette réalité marseillaise.
Se faire ken, c’est l’école de la vie version marseillaise. Tout le monde y passe au moins une fois. L’important, c’est d’en tirer les leçons et de ne plus jamais se faire avoir. Comme disent les anciens : “À Marseille, on naît méfiant ou on le devient vite.”
“Ken” — le mot marseillais qui résume une philosophie : ouvre les yeux, fais pas confiance trop vite, et si ça semble trop beau, c’est probablement un ken.
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❓ Questions fréquentes
C'est quoi ken en rap ?
Arnaque, escroquerie. Se faire ken = se faire avoir, être victime d'une tromperie.
Que veut dire ken ?
Arnaque, escroquerie. Se faire ken = se faire avoir, être victime d'une tromperie.
D'où vient le mot ken ?
Argot marseillais, possiblement dérivé de 'quenelle' (mettre une quenelle = arnaquer) ou du romani.
📚 Termes associés
Personne vulgaire, beauf, racaille. Terme péjoratif belge désignant quelqu'un de peu raffiné, aux manières grossières, souvent associé aux classes populaires. Le barakî est le beauf à la belge, le cassos local, celui dont on se moque pour son manque de classe.
ScoumougneMalchance persistante, poisse, guigne. Désigne une suite de malheurs ou d'événements défavorables qui s'acharnent sur quelqu'un.
EngatseProblème, embrouille, galère. Situation compliquée ou dangereuse. Être dans l'engatse = avoir des ennuis graves.
MoulaArgent, gros sous, cash. Terme d'origine arabe popularisé par le rap US ('moolah') et français. Désigne souvent une grosse somme ou l'argent en général.
PitchounePetit(e), enfant. Terme affectueux pour désigner un enfant ou une personne de petite taille.
GrailleNourriture, bouffe. Peut aussi signifier 'manger' (grailler). Terme d'argot très courant dans le rap et le langage des jeunes.