Faire de la D
expressionDéfinition
Faire de la merde, des bêtises, du n'importe quoi. Expression populaire où 'D' est l'euphémisme de 'merde'. Désigne un comportement irresponsable, chaotique ou problématique.
Synonymes / Variantes
Origine du terme
Argot français contemporain
Faire de la D : Définition complète et usage
Faire de la D est une expression populaire française signifiant faire de la merde, déconner ou faire n’importe quoi. Le “D” est un euphémisme pour éviter de prononcer “merde” tout en gardant le sens originel. Cette locution décrit un comportement chaotique, irresponsable ou problématique, très utilisée dans l’argot des quartiers et le rap français.
Étymologie et origine de l’expression
Formation de l’euphémisme
“Faire de la D” est né de la volonté d’adoucir l’expression “faire de la merde” :
- Merde → D (première lettre de “da merde” en argot)
- Euphémisme permettant d’éviter la vulgarité directe
- Maintien du sens tout en atténuant l’impact
Évolution linguistique
Processus de formation :
- “Faire de la merde” (expression originale)
- “Faire d’la merde” (contraction orale)
- “Faire de la D” (euphémisation par abréviation)
Cette évolution reflète la créativité linguistique des jeunes pour contourner les tabous verbaux.
Contexte sociolinguistique
L’expression émergé dans les années 1990-2000 dans :
- Les quartiers populaires
- La culture hip-hop française
- Les cours de récréation
- Le langage jeune en général
Les différentes significations
1. Comportement chaotique
Agir de manière désordonnée, sans réfléchir :
- “Il fait de la D depuis qu’il est arrivé” — Il sème le chaos
- “Arrête de faire de la D” — Cesse ton comportement problématique
- “Tu fais que de la D en ce moment” — Tu n’arrêtes pas de déconner
2. Provoquer des problèmes
Créer des ennuis, générer des conflits :
- “Il fait de la D dans le quartier” — Il créé des problèmes localement
- “Cette situation fait de la D” — Cette affaire génère des tensions
- “Évite de faire de la D avec eux” — Ne créé pas de problèmes avec eux
3. Performance médiocre
Mal faire les choses, bâcler :
- “J’ai fait de la D à cet examen” — J’ai raté mon examen
- “Il fait de la D au travail” — Il travaille mal
- “Ce rappeur fait de la D sur scène” — Il performe mal
Usage dans le rap français
L’expression “faire de la D” est courante dans le rap français où elle décrit différents types de dysfonctionnements et de comportements problématiques.
La vie de quartier
Les rappeurs utilisent l’expression pour décrire l’agitation et les problèmes du quotidien urbain :
“Dans mon tieks tout le monde fait de la D, personne respecte rien”
Cette phrase illustre un environnement où règne le désordre et l’irresponsabilité.
Les relations personnelles
L’expression décrit aussi les problèmes relationnels :
“Ma copine fait de la D, elle me cherche des embrouilles pour rien”
Ici, faire de la D évoque un comportement relationnel toxique.
La critique sociale
Certains rappeurs utilisent l’expression pour critiquer la société :
“Le gouvernement fait de la D, ils comprennent rien aux quartiers”
L’expression devient un outil de dénonciation politique.
Variantes et expressions dérivées
| Expression | Signification |
|---|---|
| ”Faire de la D” | Version standard |
| ”C’est de la D” | C’est n’importe quoi |
| ”Il y a de la D” | Il y a du désordre |
| ”Pas de D” | Pas de problèmes |
| ”Que de la D” | Seulement des ennuis |
Variations orthographiques
Écritures possibles :
- Faire de la D (standard)
- Faire d’la D (contraction orale)
- Faire dla D (écriture SMS)
- Faire de la de (développée)
Contextes d’utilisation
Dans la rue
L’expression s’utilise pour qualifier diverses situations problématiques :
Comportements individuels :
- Agir de manière irréfléchie
- Provoquer sans raison
- Ne pas respecter les codes
Situations collectives :
- Ambiance tendue dans un lieu
- Problèmes récurrents dans un quartier
- Dysfonctionnements organisationnels
Au travail ou à l’école
Même dans des contextes plus formels, l’expression peut s’entendre :
- “Ce projet, c’est que de la D” — Ce projet est mal géré
- “Le prof fait de la D avec ses cours” — Le professeur enseigne mal
- “Cette boîte fait de la D” — Cette entreprise fonctionne mal
Analyse sociolinguistique
Fonction sociale de l’euphémisme
“Faire de la D” remplit plusieurs fonctions :
Atténuation :
- Évite la vulgarité directe de “merde”
- Permet l’usage en contextes semi-formels
- Rend l’expression plus acceptable
Appartenance groupale :
- Code linguistique des jeunes
- Marqueur d’appartenance culturelle
- Exclusion de ceux qui ne comprennent pas
Dynamiques générationnelles
Générations qui l’utilisent :
- Millennials (nés 1980-2000)
- Génération Z (nés après 2000)
- Certains Generation X urbains
Usage selon l’âge :
- 15-25 ans : Usage naturel et fréquent
- 25-35 ans : Compréhension et usage occasionnel
- 35+ ans : Compréhension variable selon l’environnement
Impact dans la culture populaire
Télévision et cinéma
L’expression apparaît dans :
- Séries sur la jeunesse urbaine
- Films de banlieue
- Émissions jeunesse
- Documentaires sociaux
Réseaux sociaux
“Faire de la D” est devenu viral sur :
- Instagram (captions et stories)
- TikTok (vidéos descriptives)
- Twitter (tweets d’humeur)
- Snapchat (légendes d’images)
Appropriation mainstream
Certaines marques et médias mainstream ont adopté l’expression pour :
- Toucher un public jeune
- Paraître “authentiques”
- Créer du lien avec la culture urbaine
Niveau de langue et appropriété
Registre familier
Acceptable dans :
- Conversations entre amis
- Contextes décontractés
- Environnements jeunes
- Culture urbaine
Situations à éviter
Inapproprié dans :
- Entretiens professionnels
- Contextes administratifs
- Relations hiérarchiques formelles
- Situations protocolaires
Expressions synonymes et alternatives
Équivalents en argot
Plus vulgaires :
- “Faire de la merde”
- “Foutre la merde”
- “Faire le bordel”
Plus neutres :
- “Faire n’importe quoi”
- “Déconner”
- “Partir en vrille”
- “Foutre le bazar”
Plus soutenues :
- “Créer des problèmes”
- “Se comporter de manière inappropriée”
- “Agir de façon irresponsable”
Évolution et perspective
Pérennité de l’expression
Facteurs de maintien :
- Simplicité d’usage
- Efficacité communicative
- Flexibilité sémantique
- Transmission générationnelle
Évolutions possibles
Tendances observées :
- Extension à de nouveaux contextes
- Appropriation par d’autres classes sociales
- Standardisation orthographique
- Possible usure et remplacement
Conseils d’usage
Pour les utilisateurs
Contexte approprié :
- Entre pairs de même génération
- Environnements décontractés
- Culture urbaine et jeune
Précautions :
- Vérifier la compréhension de l’interlocuteur
- Adapter selon le contexte social
- Éviter en situation professionnelle
Pour la compréhension
Si vous entendez l’expression :
- “Il fait de la D” = Il pose problème
- “C’est de la D” = C’est problématique
- “Pas de D” = Pas de problème
Dimension culturelle
Marqueur identitaire
“Faire de la D” fonctionne comme :
- Marqueur générationnel
- Code d’appartenance urbaine
- Signal de complicité
- Outil d’exclusion/inclusion
Créativité linguistique
L’expression illustre :
- L’inventivité du français populaire
- La capacité d’adaptation linguistique
- Les stratégies d’euphémisation
- L’évolution constante de l’argot
Termes associés
Pour approfondir le vocabulaire du désordre et des comportements problématiques :
- Déconner : Faire des bêtises
- Foutre le bordel : Créer du désordre
- Partir en vrille : Perdre le contrôle
- Faire n’importe quoi : Agir sans réflexion
- Péter un câble : Exploser, perdre son calme
Faire de la D : FAQ et approfondissement
Pourquoi dit-on “la D” ?
Le “D” de faire de la D vient du mot détention (prison préventive ou peine carcérale). Dans l’argot des banlieues, on raccourcit les termes sensibles — parler de “la D” au lieu de “la prison” ou “la détention” est un code naturel dans les milieux où passer par la case prison est une réalité fréquente.
Faire de la D vs faire de la prison
“Faire de la D” et “faire de la prison” sont synonymes dans l’usage argotique. La distinction originelle entre détention provisoire (avant jugement) et peine (après condamnation) est souvent effacée dans l’usage courant.
Faire de la D dans le rap français
Le thème de l’emprisonnement est central dans le rap français. Des artistes comme Booba, Kaaris, La Fouine, Sadek ou Freeze Corleone évoquent régulièrement leurs passages en prison ou ceux de leurs proches dans leurs textes — soit comme témoignage autobiographique, soit comme mise en garde.
“Faire de la D c’est pas un but, c’est une réalité pour beaucoup”
La prison est représentée comme une interruption brutale de la vie, une “mise en pause” forcée qui change profondément ceux qui y passent.
Les expressions liées
- “Faire du mitard” : être en cellule d’isolement (punition en prison)
- “Faire de la taule” : faire de la prison (synonyme)
- “Faire du zonzon” : même sens
- “La D” : la détention elle-même
- “Sortir de la D” : être libéré
Faire de la D : dans le rap français, l’emprisonnement est à la fois cicatrice, badge de crédibilité discuté et mise en garde contre les conséquences de la vie de rue.
❓ Questions fréquentes
C'est quoi faire de la d en rap ?
Faire de la merde, des bêtises, du n'importe quoi. Expression populaire où 'D' est l'euphémisme de 'merde'. Désigne un comportement irresponsable, chaotique ou problématique.
Que veut dire faire de la d ?
Faire de la merde, des bêtises, du n'importe quoi. Expression populaire où 'D' est l'euphémisme de 'merde'. Désigne un comportement irresponsable, chaotique ou problématique.
D'où vient le mot faire de la d ?
Argot français contemporain
📚 Termes associés
Expression signifiant faire des choses illégales, immorales ou impressionnantes. Peut désigner des activités criminelles (trafic, braquage) ou simplement des actions remarquables, selon le contexte.
Faire crariExpression signifiant faire semblant, se donner un genre, prétendre être ce qu'on n'est pas. 'Faire crari' c'est jouer un rôle, se donner des airs, faire comme si. Le verbe 'crari' est ici utilisé comme infinitif pour décrire l'attitude de quelqu'un qui joue la comédie.
DéconnerVerbe familier signifiant faire des bêtises, plaisanter, ne pas être sérieux, ou mal fonctionner. Très polyvalent dans son usage.
BlouserTromper, duper, escroquer quelqu'un. Se faire blouser c'est se faire avoir, arnaquer. Le terme vient du billard où 'blouser' une bille signifie l'envoyer dans le trou (la blouse), donc piéger l'adversaire.
Faire le canardExpression désignant le fait d'être infidèle dans une relation, de tromper son/sa partenaire. Être un 'canard' signifie être un homme volage qui papillonne d'une relation à l'autre.
BelheniDe l'arabe, prononcé 'belarani'. Signifie 'faire genre', 'faire semblant', 'jouer un rôle'. Expression utilisée pour critiquer quelqu'un qui fait le beau ou se donne un genre qui n'est pas le sien.