Barakî
nomDéfinition
Personne vulgaire, beauf, racaille. Terme péjoratif belge désignant quelqu'un de peu raffiné, aux manières grossières, souvent associé aux classes populaires. Le barakî est le beauf à la belge, le cassos local, celui dont on se moque pour son manque de classe.
Synonymes / Variantes
Exemples d'utilisation
Fais pas ton barakî
C'est un vrai barakî celui-là
Ambiance barakî ce soir
Origine du terme
Wallon/Bruxellois, de 'baraque' (roulotte des gens du voyage). À l'origine, désignait les forains, puis s'est étendu à toute personne jugée vulgaire.
Définition complète de Barakî
Barakî (aussi orthographié “baraki” ou “barraki”) est un terme d’argot belge, principalement utilisé en Wallonie et à Bruxelles, qui désigne une personne vulgaire, sans manières, aux goûts douteux. C’est l’équivalent belge du “beauf” français ou du “chav” britannique : le stéréotype de la personne peu raffinée, souvent associée (parfois injustement) aux classes populaires.
Le barakî, c’est le mec en survêtement qui met la musique à fond dans sa voiture tunée, la famille qui fait un barbecue sur le balcon de son appartement HLM, le supporter de foot qui hurle des insultes. C’est une caricature, un stéréotype, mais un stéréotype qui dit quelque chose sur les tensions de classe et les jugements sociaux dans la société belge.
Le terme a dépassé les frontières de la Belgique grâce au rap belge et à sa diffusion en France. Des artistes comme Roméo Elvis, Caballero ou Damso ont popularisé ce vocabulaire bruxellois auprès du public francophone, faisant du “barakî” un mot compris bien au-delà du plat pays.
Origine et étymologie
Le mot barakî vient du wallon et trouve son origine dans le mot “baraque”, qui désignait les roulottes des gens du voyage, des forains. Par extension, le terme a d’abord désigné les forains eux-mêmes, puis s’est élargi à toute personne jugée marginale ou vulgaire.
L’origine foraine
Les forains, qui vivaient dans leurs “baraques” (caravanes, roulottes), étaient historiquement marginalisés par la société sédentaire. Ils étaient perçus comme différents, parfois dangereux, souvent méprisés. Le terme “barakî” portait à l’origine cette stigmatisation des gens du voyage.
L’élargissement du sens
Au fil du temps, “barakî” s’est détaché de sa référence foraine pour désigner plus généralement toute personne jugée vulgaire ou peu raffinée, indépendamment de son mode de vie. Le lien avec les gens du voyage s’est estompé, ne laissant que la connotation péjorative.
La dimension de classe
Le terme a pris une dimension de classe sociale. Le barakî est souvent associé (dans l’imaginaire collectif) aux classes populaires, aux quartiers défavorisés, aux zones périurbaines. C’est un jugement de classe déguisé en jugement de goût.
Le profil-type du barakî
Le stéréotype du barakî comprend plusieurs éléments reconnaissables (avec toute la prudence que demande ce genre de caricature) :
L’apparence
- Survêtement de marque (souvent de contrefaçon)
- Casquette vissée sur la tête
- Sacoche en bandoulière
- Bijoux voyants (grosses chaînes)
- Coupe de cheveux à la mode… de l’année dernière
Le comportement
- Parle fort, très fort
- Met la musique à fond (souvent de la dance ou du rap commercial)
- Conduit de façon agressive une voiture tunée
- Se bat facilement, surtout après quelques bières
- Utilise un vocabulaire limité et grossier
Les goûts
- Friteries et kebabs
- Bière en canette
- Fêtes foraines et ducasses
- NRJ et Fun Radio
- Foot et catch
L’habitat
- HLM ou maison de lotissement
- Jardin avec piscine gonflable
- Barbecue permanent en été
- Décorations de Noël dès novembre
Le barakî dans la culture belge
En Belgique, le barakî fait partie du paysage culturel. Le terme est utilisé avec différentes intentions :
L’insulte
Traiter quelqu’un de barakî, c’est le dénigrer, le rabaisser. C’est dire qu’il manque de classe, d’éducation, de raffinement. C’est une insulte de classe, souvent.
L’autodérision
Beaucoup de Belges utilisent “barakî” avec autodérision, reconnaissant leurs propres tendances “baraki” : l’amour des frites, de la bière, des fêtes populaires. “On est tous un peu barakî” devient alors une façon de désamorcer le snobisme.
La revendication
Certains assument le côté barakî comme une identité. C’est être populaire, authentique, pas prise de tête. Le barakî assume ses goûts sans se soucier du regard des autres.
La satire
Des humoristes belges ont créé des personnages de barakî pour satiriser la société belge. C’est un miroir grossissant de certains travers, utilisé pour faire rire mais aussi réfléchir.
Barakî dans le rap belge
Le rap belge a largement utilisé le vocabulaire local, dont “barakî”. Le terme apparaît dans les textes de plusieurs artistes majeurs.
Roméo Elvis
Le rappeur bruxellois utilise régulièrement le vocabulaire de sa ville, y compris “barakî”. Il joue avec les codes, alternant entre références populaires et clins d’œil à la culture bruxelloise.
Caballero & JeanJass
Le duo liégeois intègre naturellement le wallon et l’argot belge dans leurs textes, contribuant à faire connaître ces termes en France.
Damso
Bien que son rap soit plus sombre, Damso utilise occasionnellement des belgicismes qui rappellent ses origines bruxelloises.
L’export culturel
Grâce au succès du rap belge en France, des termes comme “barakî” sont maintenant compris par le public français, même s’ils restent marqués comme typiquement belges.
La critique sociale derrière le terme
Le terme “barakî” pose des questions importantes sur les jugements de classe et les stéréotypes sociaux.
Le mépris de classe
Traiter quelqu’un de barakî, c’est souvent exercer un mépris de classe. On moque les goûts populaires, les manières des classes défavorisées, tout en prétendant que c’est juste une question de “bon goût”.
Les stéréotypes
Le barakî est un stéréotype, une caricature. Comme tous les stéréotypes, il simplifie la réalité et peut être blessant pour ceux qui s’y reconnaissent (ou qu’on y assimile).
L’origine problématique
L’origine du terme, liée aux gens du voyage, rappelle la discrimination historique de cette communauté. Utiliser “barakî” comme insulte perpétue, d’une certaine façon, cette stigmatisation.
La récupération
Certains choisissent de récupérer le terme, de l’assumer fièrement. C’est une stratégie classique face aux insultes : les retourner en badges d’honneur.
Expressions et usages
Le terme “barakî” s’utilise de plusieurs façons :
Comme qualificatif
- “C’est un vrai barakî” = Il est vraiment vulgaire
- “T’as l’air barakî avec ça” = Tu n’as pas de style
Comme adjectif
- “C’est barakî comme ambiance” = C’est une ambiance populaire/vulgaire
- “Un resto barakî” = Un resto sans prétention (friterie, kebab…)
En autodérision
- “On a fait un truc barakî” = On a fait quelque chose de pas classe (et on assume)
- “C’est mon côté barakî” = C’est mon côté populaire
En critique
- “Fais pas ton barakî” = Comporte-toi de façon civilisée
- “Ils font les barakîs” = Ils sont vulgaires
Exemples d’utilisation
- « Fais pas ton barakî, mets pas la musique à fond dans la voiture »
- « C’est un vrai barakî celui-là, il passe son été en claquettes-chaussettes devant son barbecue »
- « L’ambiance était barakî mais on s’est bien marrés, c’est ça l’important »
- « Ils nous traitent de barakîs mais au moins on sait s’amuser nous »
- « Ce festival c’est barakî chic : de la techno mais avec des food trucks gastronomiques »
Le barakî vs le beauf français
Si le barakî est souvent comparé au “beauf” français, quelques différences existent :
| Aspect | Barakî | Beauf |
|---|---|---|
| Origine | Belgique (Wallonie/Bruxelles) | France |
| Étymologie | Baraque (roulotte) | Beau-frère (personnage de Cabu) |
| Connotation | Plus populaire, urbain | Plus campagnard, franchouillard |
| Politique | Moins marqué | Souvent conservateur |
| Sport | Foot | Foot + rugby |
Les deux termes désignent une certaine vulgarité populaire, mais avec des nuances culturelles propres à chaque pays.
Conclusion
Barakî est un terme d’argot belge qui a voyagé bien au-delà de ses frontières d’origine, porté par le rap et la culture populaire. Il désigne une certaine forme de vulgarité populaire, avec tout ce que cela implique de jugement de classe et de stéréotypes.
Comme beaucoup de termes péjoratifs, “barakî” peut être une insulte ou être récupéré avec humour et autodérision. Il dit quelque chose sur la société belge, ses tensions de classe, ses jugements de goût, mais aussi sur sa capacité à rire d’elle-même.
Le rap belge a contribué à faire connaître ce vocabulaire local au monde francophone, ajoutant une touche de couleur linguistique au paysage du hip-hop. Que tu utilises “barakî” pour moquer ou pour assumer, tu participes maintenant à cette petite tradition linguistique qui va des fêtes foraines wallonnes aux clubs parisiens.
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❓ Questions fréquentes
C'est quoi barakî en rap ?
Personne vulgaire, beauf, racaille. Terme péjoratif belge désignant quelqu'un de peu raffiné, aux manières grossières, souvent associé aux classes populaires. Le barakî est le beauf à la belge, le cassos local, celui dont on se moque pour son manque de classe.
Que veut dire barakî ?
Personne vulgaire, beauf, racaille. Terme péjoratif belge désignant quelqu'un de peu raffiné, aux manières grossières, souvent associé aux classes populaires. Le barakî est le beauf à la belge, le cassos local, celui dont on se moque pour son manque de classe.
D'où vient le mot barakî ?
Wallon/Bruxellois, de 'baraque' (roulotte des gens du voyage). À l'origine, désignait les forains, puis s'est étendu à toute personne jugée vulgaire.
📚 Termes associés
Argent, thune, oseille. Terme d'origine arabe ('flous') désignant l'argent en général. Très répandu dans le rap français et l'argot des cités.
DrachePluie battante, grosse averse. Il drache = il pleut des cordes. Très courant en Belgique.
KotChambre d'étudiant, studio, logement étudiant. Terme emblématique de la culture estudiantine belge désignant tout type de logement étudiant, du simple studio à la colocation en passant par les résidences universitaires.
PeïPays, quartier, coin, territoire. Désigne son endroit d'origine, sa zone, son chez-soi.
DècheÉtat de pauvreté, de manque d'argent. Être dans la dèche = être fauché, sans le sou, dans la galère financière.
ReumMère, maman, daronne. Verlan de 'mère'. Désigne sa mère de façon familière et affectueuse.