Kapot
adjectifDéfinition
Cassé, foutu, hors service. Par extension : épuisé, mort de fatigue, complètement HS.
Synonymes / Variantes
Exemples d'utilisation
J'suis kapot
Ma voiture est kapot
Kapot de fatigue
Origine du terme
Du néerlandais/flamand 'kapot' signifiant cassé, brisé. Très répandu en Belgique francophone via l'influence du néerlandais.
Définition complète de “Kapot”
Kapot est un adjectif d’argot bruxellois et belge signifiant cassé, foutu, hors service. Par extension, il désigne l’état d’une personne complètement épuisée, morte de fatigue, totalement à plat. C’est l’un des belgicismes les plus courants, utilisé quotidiennement en Belgique francophone.
Le terme illustre parfaitement l’influence du néerlandais/flamand sur le français de Belgique. À Bruxelles, ville bilingue, ce mélange linguistique est naturel et “kapot” s’est imposé comme un mot incontournable du vocabulaire local.
Origine et étymologie
Racine néerlandaise/flamande
Le mot vient directement du néerlandais :
Kapot (néerlandais) = cassé, brisé, détruit
C’est le même mot, avec la même orthographe et la même prononciation. Le français de Belgique l’a simplement adopté tel quel.
Contexte bilingue belge
En Belgique, le français et le néerlandais coexistent :
- Bruxelles est officiellement bilingue
- La Flandre est néerlandophone
- La Wallonie est francophone
- Les échanges linguistiques sont constants
“Kapot” est passé naturellement du néerlandais au français local.
Diffusion en France
Via le rap belge (Damso, Hamza, Roméo Elvis), le terme se diffuse :
- Compris par les auditeurs français
- Adopté par certains
- Reste perçu comme “belge”
Les différents sens de “kapot”
Kapot = cassé (objets)
Le sens premier :
“Ma voiture est kapot, elle démarre plus.”
Applications :
- Voiture en panne
- Téléphone cassé
- Ordinateur HS
- Machine hors service
- Objet qui ne fonctionne plus
Kapot = épuisé (personnes)
Le sens le plus courant aujourd’hui :
“J’suis kapot, j’ai bossé 12 heures.”
États décrits :
- Fatigue extrême
- Épuisement physique
- Vidé moralement
- Plus d’énergie du tout
Kapot = mort (sens figuré)
Intensification dramatique :
“Après ce marathon, j’étais kapot.”
L’idée de :
- Ne plus pouvoir bouger
- Être “mort” de fatigue
- Avoir tout donné
- Être au bout du rouleau
Kapot = fini, terminé
Pour une relation, une situation :
“Leur couple est kapot depuis des mois.”
Signifie :
- C’est terminé
- Il n’y a plus rien à sauver
- C’est définitivement fini
Kapot dans le rap belge
Damso et le vocabulaire bruxellois
Damso, figure majeure du rap belge, utilise naturellement “kapot” :
- Dans ses récits de vie
- Pour décrire des états d’épuisement
- Comme marqueur de son identité bruxelloise
Chez Damso, le kapot peut être physique, mental ou émotionnel.
Hamza
Hamza, autre étoile du rap belge, intègre ce vocabulaire :
- Authenticité bruxelloise
- Connexion avec son public local
- Préservation de l’identité linguistique
Roméo Elvis
Roméo Elvis, avec son style plus léger, utilise aussi “kapot” :
- Souvent avec humour
- Pour décrire des lendemains de soirée
- Dans des contextes festifs
Impact sur le rap français
Le rap belge a exporté “kapot” :
- Les auditeurs français l’entendent
- Certains l’adoptent
- Il devient un marqueur de culture rap belge
Expressions avec “kapot"
"Être kapot”
L’expression de base :
“J’suis kapot, je vais dormir."
"Complètement kapot”
Intensification :
“Après le déménagement, j’étais complètement kapot."
"Kapot de fatigue”
Précision sur la cause :
“Kapot de fatigue après cette semaine."
"Kapot de rire”
Variante positive :
“On était kapot de rire devant ce film."
"Faire kapot”
Casser, détruire :
“Il a fait kapot son téléphone en le lâchant."
"Se mettre kapot”
S’épuiser soi-même :
“À force de bosser comme ça, tu vas te mettre kapot.”
Kapot vs autres termes
En Belgique
| Terme | Usage |
|---|---|
| Kapot | Très courant, naturel |
| Cassé | Compris mais moins local |
| HS | Utilisé aussi |
| Naze | Plus français |
| Crevé | Courant aussi |
Kapot vs Crevé
- Kapot : Plus belge, plus total
- Crevé : Plus français, juste fatigué
Kapot vs HS
- Kapot : Langage courant, oral
- HS : Plus écrit, plus technique
Kapot vs Foutu
- Kapot : Peut être réparable parfois
- Foutu : Souvent définitif, plus fort
Conjugaison et usage grammatical
Invariabilité
“Kapot” reste généralement invariable :
“Elle est kapot” (pas “kapote”) “Ils sont kapot” (pas “kapots”)
Mais certains accordent parfois à l’oral.
Place dans la phrase
Généralement après le verbe être :
“Je suis kapot” “La machine est kapot” “On est tous kapot”
Situations typiques
Après une soirée
Le classique :
“On a fait la fête jusqu’à 5h, j’suis kapot.”
Après le sport
L’épuisement physique :
“Ce match m’a mis kapot.”
Après le travail
La fatigue professionnelle :
“La semaine de malade, j’suis kapot.”
Après un événement intense
Émotionnellement vidé :
“Ce film m’a laissé kapot, trop d’émotions.”
Objet en panne
Le sens matériel :
“Mon ordi est kapot, je l’emmène réparer.”
Le kapot dans la culture belge
Marqueur d’identité
Utiliser “kapot” c’est :
- Parler comme à Bruxelles
- Affirmer son identité belge
- Se distinguer du français de France
- Assumer son bilinguisme culturel
Transmission
Le mot se transmet :
- De génération en génération
- Sans y penser
- Comme partie du patrimoine
Usage généralisé
En Belgique francophone :
- Toutes les classes sociales
- Tous les âges
- Tous les contextes (sauf très formels)
Belgicismes apparentés
Autres emprunts au néerlandais
| Terme | Signification |
|---|---|
| Kapot | Cassé, épuisé |
| Kot | Chambre d’étudiant |
| Dikkenek | Vantard |
| Snull | Nul, idiot |
| Zwanze | Humour bruxellois |
Famille linguistique
Ces mots partagent :
- Origine néerlandaise
- Adoption naturelle
- Usage quotidien
- Marquage identitaire
Perception extérieure
Vu par les Français
Les Français découvrent “kapot” :
- Via le rap belge
- Trouvent ça “belge”
- Parfois l’adoptent
- Souvent le remarquent
Vu par les Néerlandophones
Pour les Flamands :
- C’est leur mot
- Normal qu’il soit utilisé
- Pas de surprise
- Continuum linguistique
Vu par les Wallons
En Wallonie :
- Moins courant qu’à Bruxelles
- Mais compris
- Influence bruxelloise
Le kapot dans différents contextes
Langage familier
Usage très courant :
- Entre amis
- En famille
- Au quotidien
Langage professionnel
Plus rare mais existe :
- “Le système est kapot”
- “Je suis kapot, je rentre”
- Dans les métiers techniques
Réseaux sociaux
Très présent :
- “Kapot” en légende
- Stories de fatigue
- Memes belges
Rap et musique
Fréquent :
- Dans les textes
- Authenticité locale
- Connexion avec le public
L’intensité du kapot
Échelle de fatigue
Du moins au plus :
- Fatigué
- Crevé
- Naze
- Kapot
- Complètement kapot
- Kapot de chez kapot
Quand kapot ne suffit plus
Expressions renforcées :
- “Kapot de ouf”
- “Mega kapot”
- “Kapot total”
- “Kapot à mort”
Conclusion
“Kapot” est un parfait exemple de la richesse du français de Belgique. Ce mot néerlandais, adopté tel quel par les francophones belges, est devenu indispensable pour exprimer l’épuisement total, la panne complète, l’état de celui ou de ce qui ne fonctionne plus.
Le rap belge — Damso, Hamza, Roméo Elvis et tant d’autres — a porté ce mot au-delà des frontières belges. Les auditeurs français l’entendent, le comprennent, parfois l’adoptent. “Kapot” devient ainsi un ambassadeur linguistique de Bruxelles dans le monde francophone.
Ce qui rend “kapot” si efficace, c’est sa sonorité percutante et son sens immédiat. Pas besoin d’explication : quand on dit “j’suis kapot”, tout le monde comprend. C’est direct, c’est expressif, c’est bruxellois.
“Kapot” — quand le néerlandais et le français se rencontrent à Bruxelles pour créer le mot parfait : celui qui dit que c’est fini, qu’il n’y a plus rien, qu’on est complètement vidé.
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❓ Questions fréquentes
C'est quoi kapot en rap ?
Cassé, foutu, hors service. Par extension : épuisé, mort de fatigue, complètement HS.
Que veut dire kapot ?
Cassé, foutu, hors service. Par extension : épuisé, mort de fatigue, complètement HS.
D'où vient le mot kapot ?
Du néerlandais/flamand 'kapot' signifiant cassé, brisé. Très répandu en Belgique francophone via l'influence du néerlandais.
📚 Termes associés
Adjectif signifiant content, satisfait, heureux. Terme d'argot lyonnais issu du romani (langue gitane). Exprime un état de satisfaction ou de joie.
ChelouLouche, bizarre, suspect. Qualifie quelque chose ou quelqu'un d'étrange, qui inspire la méfiance. Verlan de 'louche'.
RelouAdjectif signifiant lourd, chiant, pénible, énervant. Qualifie une personne ou situation qui fatigue, qui saoule. Verlan de 'lourd' au sens figuré.
CringeMalaise, gênant, qui fait grimacer. Qualifie quelque chose de tellement embarrassant qu'on a envie de disparaître. Vient de l'anglais 'to cringe' (grimacer de gêne).
SchieveDe travers, tordu, bancal. Aussi: louche, pas net, bizarre.
ZarbiBizarre, étrange, weird. Verlan de 'bizarre'. Qualifie quelque chose ou quelqu'un d'inhabituel, de strange.