Djoufara
personnalitéDéfinition
Personne avare, radine, qui ne veut jamais dépenser ou partager. Terme souvent utilisé de manière critique pour dénoncer la radinerie excessive.
Synonymes / Variantes
Origine du terme
Arabe maghrébin
Définition complète de “Djoufara”
Djoufara est un terme d’argot français d’origine arabe désignant une personne avare, radine, qui refuse de dépenser son argent ou de partager. C’est l’équivalent argotique de “radin” ou “grippe-sou”, mais avec une connotation plus colorée et expressive.
Le terme est particulièrement utilisé dans les communautés d’origine maghrébine et dans la culture urbaine française, où la générosité et le partage sont des valeurs importantes.
Origine et étymologie
Racines arabes
Le mot “djoufara” vient de l’arabe maghrébin :
- جوفارة (djūfāra) : Terme désignant une personne radine
- Possiblement lié à جوف (jawf) : Le creux, le vide (métaphore : personne “vide” de générosité)
Variantes orthographiques
Le mot peut s’écrire de plusieurs façons :
- Djoufara (la plus courante)
- Djufara
- Joufara
Utilisation dans le rap français
La radinerie comme défaut
Dans le rap français, être un “djoufara” est un défaut majeur. La culture hip-hop valorise :
- La générosité envers ses proches
- Le partage de la réussite
- Payer son tour au bar/resto
- Aider financièrement son entourage
Exemples dans les textes
De nombreux rappeurs dénoncent les djoufara dans leurs textes, souvent pour critiquer :
- Les faux amis qui disparaissent quand il faut payer
- Les personnes qui profitent sans jamais rendre
- L’avarice comme trait de caractère méprisable
Lacrim, Sofiane, Ninho et d’autres ont fait référence à ce type de comportement dans leurs morceaux.
Le djoufara : portrait type
Comportements caractéristiques
Le djoufara se reconnaît à plusieurs signes :
- Au restaurant : “On partage l’addition” mais commande le plat le plus cher
- En soirée : Ne paie jamais sa tournée, disparaît avant l’addition
- Prêt d’argent : N’en prête jamais mais demande souvent
- Cadeaux : Offre le minimum, compte chaque centime
- Excuses : “J’ai oublié mon portefeuille” à répétition
- Calcul : Note mentalement qui lui doit quoi
Les excuses du djoufara
Phrases typiques :
- “J’ai pas de liquide sur moi”
- “J’ai oublié ma carte”
- “On me doit de l’argent”
- “Les temps sont durs en ce moment”
- “La prochaine c’est pour moi” (et la prochaine n’arrive jamais)
Djoufara vs autres termes
| Terme | Origine | Nuance |
|---|---|---|
| Djoufara | Arabe | Très expressif, culturel |
| Radin | Français | Standard, neutre |
| Rat | Français argot | Très péjoratif |
| Pingre | Français | Littéraire |
| Grippe-sou | Français | Vieilli |
| Près de ses sous | Expression | Euphémisme |
| Séraphin | Référence | Culturel québécois |
Aspect culturel
Importance de la générosité
Dans les cultures méditerranéennes et maghrébines, la générosité est une valeur cardinale :
- L’hospitalité : Offrir à boire et manger est sacré
- La solidarité : Aider ses proches financièrement
- Le prestige : La générosité confère du respect
- La honte : Être perçu comme radin est humiliant
Le djoufara comme paria social
Dans ce contexte culturel, le djoufara est particulièrement mal vu :
- Perd le respect de son entourage
- Est exclu des cercles sociaux
- Fait l’objet de moqueries
- Sa réputation le précède
Le djoufara dans la vie quotidienne
Situations révélatrices
Les moments où le djoufara se démasque :
Au café/bar :
- Prend toujours le moins cher
- Attend que les autres paient
- “Je te dois combien exactement ?”
Entre amis :
- Ne participe jamais aux cadeaux communs
- Oublie de rendre l’argent prêté
- Calcule au centime près
En famille :
- Fait des cadeaux minimalistes
- Ne contribue pas aux fêtes
- Profite sans rendre
Comment repérer un djoufara
Red flags
- Ne propose jamais de payer
- Comptabilise toujours qui paie quoi
- Se plaint de problèmes d’argent mais a des dépenses personnelles
- Disparaît quand l’addition arrive
- Emprunte souvent, rembourse rarement
- Fait des cadeaux dérisoires malgré des moyens corrects
La différence avec la prudence financière
Attention à ne pas confondre :
- Djoufara : Radin par nature, même quand il a les moyens
- Économe : Fait attention à ses dépenses de manière raisonnable
- Difficultés financières : N’a réellement pas les moyens
Le djoufara et les réseaux sociaux
Mèmes et humour
Le terme a généré des contenus humoristiques :
- Vidéos TikTok parodiant les djoufaras
- Mèmes sur les comportements radins
- Stories Instagram dénonçant (avec humour) les djoufaras
Expressions dérivées
- “Faire son djoufara” : Se comporter de manière radine
- “Mode djoufara activé” : Refuser de dépenser
- “Djoufara level 100” : Radinerie extrême
Dans le business et la musique
L’industrie musicale
Le terme peut s’appliquer à des situations professionnelles :
- Managers qui ne paient pas les artistes
- Labels avec des contrats abusifs
- Promoteurs qui arnaquent sur les cachets
Les rappeurs et l’argent
Paradoxalement, le rap glorifie la richesse mais méprise l’avarice :
- Il faut avoir de l’argent (succès)
- Mais aussi le dépenser généreusement (prestige)
- Le djoufara riche est particulièrement méprisé
Expressions avec djoufara
- “C’est un djoufara ce mec” : Il est radin
- “Fais pas ton djoufara” : Ne sois pas radin
- “Djoufara de ouf” : Incroyablement radin
- “Le roi des djoufaras” : Le plus radin de tous
Le djoufara peut-il changer ?
Perception populaire
Selon la croyance populaire :
- L’avarice est un trait de caractère profond
- Difficile à changer
- “Chassez le naturel, il revient au galop”
Rédemption possible ?
Certains pensent que la confrontation ou la honte sociale peut faire évoluer un djoufara, mais le scepticisme domine.
Impact social du terme
Fonction de régulation
Le terme “djoufara” a une fonction sociale :
- Dissuasion : La peur d’être qualifié ainsi pousse à la générosité
- Identification : Permet de nommer et signaler un comportement
- Solidarité : Renforce les valeurs de partage
Pression sociale
La menace d’être traité de djoufara encourage :
- Payer sa tournée
- Contribuer aux dépenses communes
- Être généreux en public
Conclusion
Djoufara est bien plus qu’un simple équivalent de “radin” : c’est un terme chargé culturellement qui condamne un comportement contraire aux valeurs de générosité et de solidarité prônées dans la culture urbaine et méditerranéenne.
Dans le rap français, où l’on célèbre autant l’enrichissement que le partage, être un djoufara est une tare sociale majeure. Le terme permet de nommer et de stigmatiser ce comportement, participant ainsi à la régulation des rapports sociaux.
Un mot arabe devenu français, qui prouve que certains défauts sont universellement condamnés, que ce soit dans les souks de Marrakech ou dans les quartiers de Seine-Saint-Denis. Le djoufara, lui, reste ce personnage qu’on aime critiquer mais qu’on espère ne jamais devenir.
❓ Questions fréquentes
C'est quoi djoufara en rap ?
Personne avare, radine, qui ne veut jamais dépenser ou partager. Terme souvent utilisé de manière critique pour dénoncer la radinerie excessive.
Que veut dire djoufara ?
Personne avare, radine, qui ne veut jamais dépenser ou partager. Terme souvent utilisé de manière critique pour dénoncer la radinerie excessive.
D'où vient le mot djoufara ?
Arabe maghrébin
📚 Termes associés
Fou, dingue, cinglé. Désigne quelqu'un de mentalement instable ou qui fait des choses folles/extrêmes. Peut être péjoratif ou admiratif selon le contexte.
CharoPersonne qui drague de manière excessive et souvent sans sincérité. Désigne un séducteur compulsif, un coureur de jupons qui multiplie les conquêtes sans engagement.